Le problème des PDF trop lourds
Pièce jointe refusée, formulaire administratif limité à 5 Mo, envoi lent sur une mauvaise connexion : la taille d’un PDF devient vite bloquante. La tentation est forte de passer par un compresseur en ligne — mais cela implique d’envoyer le document à un tiers.
La compression locale réduit le poids du fichier dans votre navigateur, sans upload.
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En pratique
- Déposez votre PDF (jusqu’à 50 Mio, 1 000 pages).
- Choisissez la stratégie — laissez « intelligente » sauf besoin extrême.
- Choisissez le niveau de qualité — « équilibré » est un bon point de départ.
- Lancez, puis lisez le rapport : gain obtenu, pages rastérisées, score SSIM.
Comment la compression décide page par page
Le mode « Intelligente » ne se contente pas de baisser la résolution : il classe chaque page avant de décider quel traitement lui appliquer.
L’analyse repose sur deux signaux fournis par le moteur PDF du navigateur :
- Texte extractible : le nombre de caractères non-espaces que la page expose (
getTextContent). Une page qui dépasse environ 400 caractères est considérée comme dominante texte. - Couverture image : la surface peinte par les opérateurs image (
getOperatorList). Une image qui couvre la moitié de la page ou plus domine visuellement.
Règle de décision :
- Page texte si elle contient au moins 400 caractères ou si les images couvrent moins de 50 % de la page. Elle est alors copiée telle quelle en vectoriel : texte sélectionnable, polices et couche OCR préservés.
- Page image dans les autres cas. Elle est rastérisée en JPEG au DPI et à la qualité choisis.
Si l’analyse d’une page échoue, l’outil la classe automatiquement « texte » : c’est le choix sans perte.
Compromis qualité / poids
Le niveau de qualité règle à la fois la résolution de rastérisation (DPI) et le taux de compression JPEG appliqués aux pages images :
| Niveau | DPI | Qualité JPEG | Gain attendu | Usage conseillé |
|---|---|---|---|---|
| Légère | 150 | 0,85 | Modéré | Archives, impressions, documents mixtes où la fidélité prime. |
| Équilibrée | 120 | 0,70 | Bon | E-mail, pièces jointes administratives, usage par défaut. |
| Agressive | 96 | 0,55 | Maximal | Aperçus web, diffusion mobile, scans très lourds. |
Sur un PDF déjà optimisé, aucun niveau ne fera de miracle : le fichier ne gagnera pratiquement rien. Sur un scan haute résolution, « Agressive » peut diviser le poids par deux ou plus, au prix d’une pixellisation possible.
Deux stratégies, trois niveaux de qualité
L’outil propose deux stratégies distinctes :
- Intelligente (par défaut) : chaque page est analysée. Les pages de texte sont copiées telles quelles, en vectoriel — le texte reste sélectionnable, les polices et la couche OCR sont préservées. Seules les pages dominées par des images (scans, photos pleine page) sont rastérisées en JPEG.
- Rastérisation complète : toutes les pages sont converties en images. Gain maximal sur les documents mixtes, mais le texte n’est plus sélectionnable — sauf si la couche texte est ré-appliquée (voir plus bas).
Le niveau de qualité règle la rastérisation : Léger (150 dpi, JPEG 0,85), Équilibré (120 dpi, JPEG 0,70), Agressif (96 dpi, JPEG 0,55). Sur un scan haute résolution, l’agressif peut diviser le poids par deux ou plus ; sur un PDF déjà optimisé, presque rien.
Un rapport honnête, mesuré
Après traitement, l’outil affiche :
- les tailles avant/après et le pourcentage de réduction ;
- le nombre de pages rastérisées et préservées ;
- un score SSIM mesuré page par page entre l’original et le résultat — interprété franchement : « identique » (≥ 0,98), « très proche » (≥ 0,95) ou « dégradé » en dessous.
Quand une page devient une image JPEG, son texte n’est plus constitué de glyphes vectoriels. Le copier-coller et la recherche native disparaissent alors :
- en mode Intelligente, seules les pages classées image perdent leur texte sélectionnable ;
- en mode Rastérisation complète, toutes les pages le perdent.
Pour limiter ce désagrément, l’outil tente de ré-appliquer une couche texte invisible sur les pages rastérisées qui en avaient une (scan OCRisé, par exemple). C’est un best-effort : la police utilisée est Helvetica, le positionnement est approximatif et le texte pivoté ou incliné est ignoré. Si le document compte beaucoup de texte sur des pages images, la recherche et le copier-coller ne seront que partiels.
Stratégies complémentaires
- Supprimer les pages inutiles avant de compresser : inutile d’optimiser des pages que vous jetterez.
- Niveaux de gris : convertir un scan couleur en gris réduit fortement la taille — mais l’outil dédié rastérise aussi toutes les pages : le texte sélectionnable est aplati.
- Optimiser pour le Web : ce mode purge les métadonnées et réécrit le fichier de façon compacte. Attention : ce n’est pas une linéarisation au sens « fast web view » du PDF — l’effet sur la taille reste modeste.
Limites réelles
- 50 Mio et 1 000 pages par fichier — le traitement se fait en mémoire navigateur.
- Un PDF déjà compressé (images JPEG basse résolution) ne gagnera presque rien : la compression n’invente pas de gain.
- La rastérisation est lossy et irréversible : gardez l’original. En cas de doute, commencez par « Léger » et vérifiez le score SSIM.
- Le résultat est téléchargé sous le nom
votrefichier-compressed.pdf.
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